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vendredi 19 janvier 2018

Une accession difficile au statut de Tiger Reserve


Depuis 2017, l'Inde compte 50 réserves de tigres disséminées sur l'ensemble du territoire, les trois dernières ayant officiellement accédé à ce statut étant les réserves de Rajaji dans l’état de l’Uttarakhand, Orang dans l’état de l’Assam et Kamlang dans l’état de l’Arunachal Pradesh.

A noter que sur ces 50 réserves, 8 d’entre elles (Bandipur, Nagarhole, Bandhavgarh, Khana, Pench, Tadoba, Corbett et Ranthambore) concentrent la grande majorité des flux touristiques alors même que d’autres réserves disposent Blog Pierre Chéron d’infrastructures d’accueil parfaitement adaptées pour recevoir les visiteurs et faire découvrir l’extraordinaire faune indienne. On peut citer notamment, et sans prétendre à l’exhaustivité, les réserves de Panna, Dudhwa, Kaziranga, Rajaji, Mannas ou encore des Sunderbans.

A côté des Tiger Réserves coexistent une cinquantaine de parcs nationaux et sanctuaires de la vie sauvage dans lesquels on dénombre pour certains des populations de tigres respectables (et parfois même largement supérieurs à certaines Tiger Réserve).

Corbett mai 2014 - Birjani Queen Sharmili tigress
© Crédit photographique Vincent Dabadie
Depuis 2016 à l’instar du Surai Range situé dans le même état de l’Uttarakhand, le Nandhaur Wildlife Sanctuary, appuyé par les recommandations du NTCA tente d’accéder à ce statut en mettant en avant notamment ses quelques 25 tigres résidents ainsi que sa situation géographique exceptionnelle au cœur de la ceinture du Teraï, en grande partie préservée de la  présence humaine (même si les habitants du village de Malla Panchaunia se sont montrés réticents au classement de la zone Blog Pierre Chéron en Tiger Reserve, craignant une augmentation du nombre des félins et cohabitation plus difficile) et riche en proies. Ce sanctuaire constitue actuellement un maillon important de la chaîne constitutive du corridor de migration des tigres, crucial pour garantir à terme un brassage génétique satisfaisant de l’espèce.

L’accession au statut de Tiger Reserve représente un enjeu considérable dans la mesure où elle garantit, entre autres, le déblocage de moyens plus importants pour la constitution d’un staff Blog Pierre Chéron bien équipé et dédié à la protection de la Core Zone et d’un Buffer Zone supposé limiter les conflits avec les habitants. Cette démarche peut toutefois se heurter aux résistances locales du fait de la concurrence qu’elle est susceptible de générer pour les réserves avoisinantes. Deux réserves de tigres existent déjà dans l’Uttarakand (Corbett et Rajaji) et l’état compte la deuxième population de tigres du pays avec 340 individus selon l’estimation du dernier Census de 2014.

La question de l’accession au statut de Tiger Reserve de certains sanctuaires se pose de manière plus large à travers toute l’Inde. Le recensement engagé dans chaque état pour le Census 2018 de la population de tigres englobe bien évidemment ces sanctuaires. Blog Pierre Chéron Dans l’état du Karnataka qui débute ses opérations avec l’aide de nombreux volontaires (environ 250 épaulant les 1000 membres du Forest Department déployés), trois sanctuaires sont concernés : Pushpagiri, Brahmagiri and Talacauvery (ou Talakaveri).

UKWLS 2015 - Jai © Crédit photographique X
Dans le Maharashtra, deux sanctuaires, Umred Karhandla Wildlife Sanctuary (UKWLS) et Tipeswar Wildlife Sanctuary, ont acquis rapidement une audience remarquable au point de figurer comme des concurrents potentiels à l'avenir pour les Tiger Réserve de l’état (dont celle emblématique de Tadoba Andhra), proposant des safaris organisés et développant progressivement des capacités d’accueil pour la clientèle indienne. Blog Pierre Chéron Pour le cas d’UKWLS qui comptait 20 à 25 tigres environ en 2016, certains tigres ont même été équipés de colliers radio émetteur comme le fameux tigre Jai considéré par certains observateurs comme l’un des plus imposants mâles du pays.

😡Fin 2016, le braconnage a sévi à Umred et bien qu’équipé d’un dispositif supposé assurer sa protection, Jai ne donna plus signe de vie, son collier cessant d’émettre. Blog Pierre Chéron Début 2017, la polémique suscitée par cette disparition énigmatique enfla encore un peu plus lorsque deux de ses fils, Bittu et Srinivas issu d’une portée exceptionnelle avec la tigresse Chandi (T6), furent également victimes du braconnage. Des complicités parmi les « officiels » ont été avancées et le débat sur les effets pervers des colliers émetteurs relancé.

UKWLS décembre 2017 - Jaichand, fils de Jai © Crédit photo X
On pouvait craindre le pire dans ce sanctuaire mais heureusement, la relève a été assurée par un des fils de la même portée, Jaichand, éloignant pour un temps le spectre de désastres annoncés comme ceux de Panna et Sariska lors de la décennie « noire » des années 2000. Blog Pierre Chéron Des exemples récents montrent que l’accession de tels sanctuaires au rang de Tiger Réserve n’apporte pas la garantie d’exclure tout risque de braconnage comme en témoigne la disparition récente de la tigresse « star » de Tala zone à Bandavgharh, Kankatti Junior (aussi connu sous le nom de Bindi). De toute évidence, l’existence de statuts différents ne doit pas empêcher la collaboration des parcs dans la mise en place de politiques communes.






mercredi 17 janvier 2018

Le tourisme dans les réserves de tigres.

La croissance ralentit. Le tourisme international en baisse de 50% en cinq ans.

"La valeur du tourisme faunique pour la conservation et les communautés au Madhya Pradesh"

"Étant donné que les réserves de tigres fonctionnent déjà à leur capacité maximale de tourisme, les possibilités de croissance du secteur sont minimes dans les conditions actuelles et les restrictions légales. En effet, les données sur le nombre de visiteurs suggèrent que depuis 2012, la croissance a déjà ralenti; le nombre de voyageurs internationaux a chuté de près de 50% au cours des cinq dernières années. En contrepartie, le tourisme indien a augmenté de 6%".

© Informations tirées du rapport

Source: TOFTigers
Sur les 13 années pendant lesquelles je suis allé en Inde pour les tigres, je dirais que pour les réserves du Madhya Pradesh: en 2005, il y avait 80% d'étrangers (anglais majoritairement). Depuis 3/4 ans, les indiens sont très largement majoritaires. Peut être 80%, sûrement en relation avec l'émergence d'une classe moyenne dans ce pays. Les chiffres sont différents dans d'autres états de l'Inde.

mardi 9 janvier 2018

Transfert de tigres (2) à Buxa : une première entre Etats indiens !?!

Une dizaine de tigres provenant des réserves de Manas et Orang localisées dans l’état d’Assam doivent être transférés prochainement dans la réserve de Buxa située dans l’état du Bengale Ouest.
Deux autres tigres en provenance des réserves de Kaziranga et Nameri situées également dans l’état d’Assam devraient compléter cet ambitieux programme de repeuplement de la Tiger Réserve de Buxa dont les quelques spécimens repérés ces dernières années auraient déserté les lieux pour migrer au Bhoutan, pays frontalier de la réserve.
S’agissant de la logistique pour le transport, il est prévu d’héliporter les tigres afin d’éviter les trajets longs et incertains par la route.
Kaziranga mars 2017 © Crédit photographique Vincent Dabadie

Il est intéressant de noter que cette relocalisation trans-étatique à l’intérieur de l’Inde constitue encore à l’heure actuelle une véritable gageure puisque les états rechignent en général à proposer des individus à d’autres états Blog Pierre Chéron perpétuant ainsi une compétition quelque peu malsaine entre eux alors même que certaines Tiger Réserves ont une faible population de tigres (cf. tableau des populations de tigres des différentes réserves rapportées à la superficie des parcs - dans la partie dossier de ce blog).

Il faut reconnaître en parallèle que les moyens très limités de monitoring et de protection des tigres dans certains parcs font obstacles à un accroissement rapide de la population à partir de la réintroduction de quelques individus comme cela fut le cas à Panna (certaines voix s’élèvent notamment pour contester l’obtention de résultats dans le cadre du projet de Buxa sans une étroite coopération entre les gestionnaires de la Tiger Réserve et les autorités du Bhoutan).
Ces réticences des états indiens à collaborer activement ralentissent la mise en place d’un programme national de préservation de la diversité génétique de l’espèce et d’équilibre des populations présentes dans les différentes réserves, certaines étant désormais saturées (Ranthambore, Kaziranga, Corbett, Tadoba ...), alors que d'autres sont au contraire quasiment vides (Namdapha, Pakke,Dandeli-Anshi, Amrabad, Dampha ...). Blog Pierre Chéron Signalons que les réserves de tigres représentent environ 2% du territoire indien avec des densités très variables allant de plus de 10 individus pour 100 km² à moins de 1 individu pour 100 km² ! Parmi les réserves les plus peuplées en tigres, deux sont situées dans l’Assam (Orang et Kaziranga).

Hindustan Times du 17/06/2017

Toutes les initiatives de coopération entre états indiens doivent donc être encouragées au même titre que celles qui visent à restaurer ou créer des corridors pour assurer la connexion des habitats protégés du tigre et permettre un brassage génétique minimum des individus en évitant l’isolement des populations.
La région concernée par le transfert de tigres à Buxa est quant à elle connectée à d’autres réserves, pas uniquement indiennes, dans la mesure où elle appartient au plus vaste couloir « naturel » pour la migration des tigres formé par la ceinture du Teraï.
Des scientifiques et naturalistes appuyés par le WWF et l’association Panthera tentent de promouvoir depuis quelques années un projet très ambitieux visant à garantir la continuité d’une bande de territoires sauvages de 2000 km de long Blog Pierre Chéron couvrant les états de l’Inde, du Népal, du Bhoutan et du Myanmar et qui pourraient constituer à terme le « sanctuaire » le plus sûr pour la survie du Tigre Royal du Bengale au niveau du sous-continent indien.
Kaziranga mars 2017 © Crédit photographique photo de tigre X
et photos suivantes Vincent Dabadie

Preuve que les réflexes de coopération se mettent en place petit à petit l’Inde, le Népal, le Bengladesh et le Bhoutan vont conduire des opérations simultanées et coordonnées de comptage en 2018 afin d’éviter notamment des doublons dans le dénombrement des individus. Les états ont en effet pris conscience que l’enjeu des réflexions dépasse le simple cadre régional, les tigres ne se soumettant pas aux frontières tracées par les hommes !

samedi 6 janvier 2018

Transfert de tigres (1) à Mukundra Hills - suite

L'administration de la réserve de tigres de Mukundra Hills (MHTR) effectue des travaux pour développer une enceinte s'étendant sur une superficie de 24 hectares (240.000 m2). Les tigres de la réserve de tigres de Ranthambore (RTR) seront relocalisés dans cette enceinte d'ici la fin de février. 

Lors de la visite à Darrah, le département n'avait érigé que des poteaux d'angle et clôturé environ 500 mètres sur les 2 440 mètres prévus pour l'enceinte. Blog Pierre Chéron L'enclos est en cours de construction pour aider les animaux à s'acclimater à l'habitat avant de les relâcher dans la nature. Contrairement à l'enceinte de Seljar, qui s'étend sur un hectare, l'enceinte de Darrah se développe sur 24 hectares. 


© TOI

Si tout se passe comme prévu par le nouveau plan, le Rajasthan pourra se targuer d'avoir des tigres dans toutes ses trois réserves après la relocation des tigres dans la chaîne de Darrah. Le projet a été initié en 2003 et notifié en 2013. MHTR couvre 759,99 km2. (source Time of India)